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DVD A LA LOUPE


L'EXERCICE DE L'éTAT (BLU-RAY)

Lui écrire montana62

L'exercice de l'état (Blu-ray) DVD sorti le 01/03/2012


Cliquez pour voir la jaquette en haute-définition

Editeur : Diaphana
Distributeur :
TF1 Vidéo

Date de sortie en salle : 26 octobre 2011
Nombre d'entrées : 523 237 environ
Durée du film : 1h52mn13s

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Nombre de visites :
1625


   

Le Film : 9/10

Résumé : Le ministre des Transports Bertrand Saint-Jean est réveillé en pleine nuit par son directeur de cabinet. Un car a basculé dans un ravin. Il y va, il n’a pas le choix. Ainsi commence l’odyssée d’un homme d’Etat dans un monde toujours plus complexe et hostile. Vitesse, lutte de pouvoirs, chaos, crise économique… Tout s’enchaîne et se percute. Une urgence chasse l’autre. A quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ? Jusqu’où tiendront-ils, dans un Etat qui dévore ceux qui le servent ?

Avis : En ces périodes où les citoyens ont bien du mal à donner un certain crédit à la politique, jamais le cinéma ne semble s’être autant penché sur ses figures emblématiques ou ses rouages obscurs.
Pierre Schoeller dépeint durant 2 heures dans cette analyse politico-légale, la vie quotidienne d’un ministre des transports.

C’est de la plus surprenante des manières que nous pénétrons dans l’intimité de notre « héros ». Ce rêve érotico-métaphorique nous interpelle autant que l’érection qui en résulte. Oui, cet homme est indiscutablement humain et c’est après ce prologue étrange que nous allons le découvrir.

La sombre réalité refait vite surface et l’heure à laquelle il est tiré du sommeil démontre les impératifs d’être au service de l’état. La journée marathon peut démarrer, en selle !

Ce terrible accident de car commence à révéler les rouages d’un mécanisme parfaitement huilé, faits divers-communication-politique tout semble découler logiquement dans ce métier éternellement représentatif. Pour appuyer encore un peu plus la force des images à l’horreur de la situation, Schoeller schématise volontairement cette frontière imaginaire entre le pouvoir et la population. Alors que ce ministre se recueille devant les dépouilles des victimes dans une tente de fortune, on assiste en aveugle aux plaintes et déchirements des familles. Cette douleur présente et violente reste pudiquement à l’extérieur, seuls les pompiers viennent troubler cet isolement en amenant encore des corps sans vie. Jamais la caméra ne capte l’expression du ministre, on voit ces bâches couvrant les victimes mais seules les jambes de l’homme d’état font partie du même plan.

Après cette solitude imposée vient la représentation dans un exercice plus périlleux : rassasier la presse. Les questions fusent, absurdes, inutiles ou déstabilisantes, du moins pour le commun des mortels. Mais l’homme telle une machine détourne, évite ou affirme des évidences.

Machine ?

La force du film tient dans sa puissance narrative et une mise en scène magistrale certes, mais également dans son évidente neutralité. Jamais le moindre parti n’est évoqué même si cette privatisation sous-jaccente favorise un mouvement. Mais surtout le réalisateur s’attache à démontrer qu’un politicien n’en reste pas moins un humain. On le constate avec ces nausées résultant de ce terrible accident.

Métier ?

Etre ministre des transports ne se limite pas à assister les familles endeuillées. La politique fait son entrée dans le film avec cette mesure qui risque de faire grand bruit : privatiser la SNCF. On découvre à partir de ce moment, les multiples facettes qu’adopte notre personnage. « L’ennemi » est partout, dans le gouvernement, dans les organisations syndicales, dans les structures visées. Il faut sans cesse composer, être ferme mais ouvert, présent mais garder ses distances, prudent mais affirmatif. Oui être ministre est décidemment un vrai métier et la complexité des rapports qui s’établissent ou se disloquent nous amènent à une véritable réflexion : serions nous capable de le faire ?

Amitié ou intérêt ?

Michel Blanc en directeur de cabinet, ami fidèle du ministre, symbolise parfaitement l’homme de dossier et le serviteur de l‘état. Garant d’une entité qui ne cesse de se fissurer, le terrain n’est pas pour lui, la représentation n’est pas son domaine mais il reste un rouage essentiel au bon fonctionnement du ministère. A l’écoute de la moindre information qui transpire, il est un relais incontournable lui assurant un certain pouvoir. Mais les coups tordus que subissent quotidiennement les détenteurs de portefeuille, rappellent combien ils peuvent être assis sur un siège éjectable. Le constat est clair, l’amitié dans une même équipe semble antinomique.

Communication

Ce mot fait partie intégrante du métier d’homme politique. Sans une bonne représentation et surtout un staff performant à ce niveau, l’homme n’est rien. On cite volontiers les radios ou la presse écrite et on participe à cet exercice toujours périlleux de la communication sans filet. Sans filet certes, mais incroyablement préparée à l’avance et là encore on découvre une équipe de conseillers qui ne se font aucun cadeau.

Conséquences ?

On subit les conseils dirigés du président, les sarcasmes du 1er ministre, le courroux des parlementaires, le désespoir des travailleurs, la détresse des familles. Tout ceci parait limpide mais en même temps si complexe qu’il est difficile de connaitre la véritable attitude à adopter. Comme pour dégoupiller toute la tension qui s’accumule aux travers des taches dont Saint-Jean doit s’investir, Pierre Schoeller lui impulse par moment des décisions empreintes d’humanité qui rassurent. Que ce soit ce congé parental offert ou le désir de mieux connaitre son nouveau chauffeur, cette volonté de neutralité du réalisateur l’emporte toujours. L’homme n’est ni bon, ni mauvais, mais l’impératif de résultat pèse sur chaque décision ou attitude.

Et cet accident aussi spectaculaire qu’étrange ponctue la métaphore entre la politique et le peuple. La réalité rappelle que ce sont toujours les électeurs qui subissent de plein fouet chaque décision ou écart de nos élus.

Pouvoir ou destruction ?

Le besoin de convaincre, de réussir, de rassembler transpire inlassablement chez cet homme. Sans cesse au bord du gouffre, la capacité à rebondir nous étonne, nous impressionne mais peut aussi nous interpeller : servir la république avant ses propres ambitions reste une lutte interne perpétuelle

Le prologue et ce rêve métaphorique prend ainsi tout son sens. Epouser l’état n’a rien d’altruiste. La mariée républicaine vous propose un contrat de mariage sans détour, bafouant les codes de fidélité et les idéaux. Ici les vœux du meilleur et du pire prennent tout leur sens. C’est à ce prix que le fruit de l’union peut donner naissance au pouvoir, sinon l’appareil de l’état vous dévore tout cru.

Si l’affiche du film frappe par son austérité, la trame affiche elle un côté bouillonnant, terriblement enrichissant voir enivrant. La seule faiblesse narrative réside dans cette scène de repas pris avec le chauffeur et sa femme.

Le casting est une véritable réussite. Olivier Gourmet nommé aux césars pour le meilleur rôle est tout simplement époustouflant de justesse. Les seconds rôles sont également formidables avec un Michel Blanc en punching-ball d’une austérité à toute épreuve et Zabou Breitman détachée comme chargée de com et surtout attachée à la cause d’un poste qui donne une sacrée leçon de communication. Mais derrière ce casting de choix, Sylvain Deblé acteur-amateur crève littéralement l’écran par sa « gueule » et ses silences éloquents. Il symbolise le regard du spectateur médusé et témoin embarqué dans cette machine folle de l’état.

Loin des blockbusters avec ses supers héros, ce film-reportage a réussi malgré tout à attirer plus de 500 000 spectateurs. Nommé 11 fois aux césars, il rafle 3 statuettes pour le meilleur second rôle, meilleur son et meilleur scénario original.

Au final cette fiction-politique plus vraie que nature se passe d’artifice et jugement pompeux au profit d’un scénario en béton armé. Ce qui frappe n’est pas la complexité des rouages politiques, mais ces hommes-caméléons face aux choix cornéliens du devoir, des idéaux et de l’ambition.

Tenter de nous embarquer dans ce rouleau compresseur étatique était un pari osé. L’exercice de Pierre Schoeller est à ce titre une réussite totale. Un film à redécouvrir d’urgence !


L'Image : 3/3

Détails techniques : MPEG4 - AVC Format 2.35 compatible 4/3

Avis : Efficacité et précision, voilà 2 mots qui résument bien l’ensemble du travail de Julien Hirsch. La moyenne est plus qu’honorable avec 24 Mbps, les couleurs collent parfaitement aux ambiances, froides avec cet accident de car ou éclatantes dans ce prologue métaphorique. La précision ne souffre d’aucun défaut avec un contraste de haute tenue. Un grand plaisir visuel malgré un sujet peu enclin aux débordements.


Le Son : 2.5/3

Détails techniques : 5.0 DTS-HD Master audio - 2.0 DTS - Audiodescription 2.0

Avis : Là aussi le sujet n’invite pas à un déchainement de notre home-cinéma, on semble plafonner à 1 680 Kbps mais la précision vient se substituer à un débordement d’effets inutile. Il suffit pour s’en convaincre de le vérifier avec cette scène d’accident de car et les plaintes douloureuses des familles tellement palpables qu’on a l’impression que ça se passe dans la pièce à côté de notre salon. Le dynamisme pointe malgré tout le bout de son nez avec cet accident de voiture et son 360 ° auditif. On est très proche de la note maximale.


L'Interactivité : 1.5/3

L'ergonomie des menus :
Un menu très astucieux nous est proposé. L’écran se découpe en 3 parties : en bas à gauche on retrouve notre ministre (l‘acteur), à droite le directeur de cabinet (le serviteur) et en haut occupant toute la largeur ce qui symbolise la machine de l’état. Le menu principal propose Film - Chapitres au nombre de 16, Versions et Compléments les menus figurent sur la même galette que le film. 3 sujets sont proposés, 2 vidéos et 1 audio assisté par quelques photos du tournage.

  • - L'accident, construction d'un scène 3'22 : le sujet tente de nous faire découvrir qu'une cascade n'est pas toujours une science exacte. Bon avouons que si cela reste une scène forte du film, ici la plupart des images se passe de bande son et aurait au moins mérité d'avoir quelques explications dans son déroulement technique. Au lieu de ça, on doit se contenter de quelques sous-titres.


  • - L'image sonore entretien avec philippe Schoeller, compositeur 11'58 : Philippe Schoeller explique avec beaucoup de passion son métier , une vision précise de la technique qui se met au service de l'art. Poetique, un mot souvent employé pour décrire le sentiment perçu face aux images sonores.


  • - Entretien avec pierre Schoeller par Michel Ciment 49'48 : France culture reçoit le réalisateur, le sujet n'et pas loin des commentaires traditionnels que l'on retrouve habituellement dans les bonus. la seule différence réside dans les questions-réponses et surtout qui ne s'attachent pas à des scènes précises du film. D'emblée le réalisateur explique pourquoi il a volontairement caché le parti au pouvoir, ce qui l'intéresse n'est pas le pouvoir mais les agissements de l'homme politique. Le réalisateur revient ensuite sur l'écriture des personnages, très fouillé, le script et seulement après le casting. Michel Ciment revient ensuite sur le parcours du réalisateur avec notamment sa collaboration récurrente avec les frères Dardenne. Quelques anecdotes égrènent forcément le reportage comme ce casting pour choisir le chauffeur, casting qui se déroulait rue charlot, un détail qui a failli tourner court pour le remarquable Sylvain Deblé qui a du coup hésité à venir. Ces 50 minutes passent très vite, on sent le réalisateur très inspiré sur son sujet et cet exercice de l’entretien-commentaire est parfaitement maitrisé de bout en bout.

    Face à un sujet aussi passionnant, on peut juste regretter l’unique vision des frères schoeller. On ne parlera pas de pauvreté même si le 1er sujet semble quelque peu baclé, mais plutôt d’un gout inachevé.

    Les bonus :

    les menus figurent sur la même galette que le film. 3 sujets sont proposés, 2 vidéos et 1 audio assisté par quelques photos du tournage.

  • - L'accident, construction d'un scène 3'22 : le sujet tente de nous faire découvrir qu'une cascade n'est pas toujours une science exacte. Bon avouons que si cela reste une scène forte du film, ici la plupart des images se passe de bande son et aurait au moins mérité d'avoir quelques explications dans son déroulement technique. Au lieu de ça, on doit se contenter de quelques sous-titres.


  • - L'image sonore entretien avec philippe Schoeller, compositeur 11'58 : Philippe Schoeller explique avec beaucoup de passion son métier , une vision précise de la technique qui se met au service de l'art. Poetique, un mot souvent employé pour décrire le sentiment perçu face aux images sonores.


  • - Entretien avec pierre Schoeller par Michel Ciment 49'48 : France culture reçoit le réalisateur, le sujet n'et pas loin des commentaires traditionnels que l'on retrouve habituellement dans les bonus. la seule différence réside dans les questions-réponses et surtout qui ne s'attachent pas à des scènes précises du film. D'emblée le réalisateur explique pourquoi il a volontairement caché le parti au pouvoir, ce qui l'intéresse n'est pas le pouvoir mais les agissements de l'homme politique. Le réalisateur revient ensuite sur l'écriture des personnages, très fouillé, le script et seulement après le casting. Michel Ciment revient ensuite sur le parcours du réalisateur avec notamment sa collaboration récurrente avec les frères Dardenne. Quelques anecdotes égrènent forcément le reportage comme ce casting pour choisir le chauffeur, casting qui se déroulait rue charlot, un détail qui a failli tourner court pour le remarquable Sylvain Deblé qui a du coup hésité à venir. Ces 50 minutes passent très vite, on sent le réalisateur très inspiré sur son sujet et cet exercice de l’entretien-commentaire est parfaitement maitrisé de bout en bout.

    Face à un sujet aussi passionnant, on peut juste regretter l’unique vision des frères schoeller. On ne parlera pas de pauvreté même si le 1er sujet semble quelque peu baclé, mais plutôt d’un gout inachevé.


  • Les Visuels : 0.5/1



    La pochette / Le packaging

    Dans ce boitier plastique noir très conventionnel, on retrouve une jaquette qui se passe totalement d’esbroufe vu le sujet. Au verso, on a droit à un modèle d’ergonomie et d’équilibre des menus. Photos, résumé, contenu et technique, tous est parfaitement lisible.



    La sérigraphie

    la sérigraphie reprend la jaquette en diminuant son titre, présentant une légère pixelisation. La définition est bonne dans l’ensemble et on apprécie surtout l’extrême discrétion des logos et mentions légales se fondant parfaitement dans l’ensemble.

    [ Voir le Top Sérigraphie pour ce DVD ]


    Note Finale : (16.5/20)

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