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DVD A LA LOUPE


IL éTAIT UNE FOIS DANS L'OUEST - EDITION COLLECTOR / 2 DVD

Lui écrire Gaulhenrix

Il était une fois dans l'Ouest - Edition collector / 2 DVD DVD sorti le 18/09/2003


Cliquez pour voir la jaquette en haute-définition

Editeur : Paramount
Distributeur :
Paramount

Date de sortie cinéma : 01 Août 1969
Nombre d'entrée en salle : 14.862.000

Durée du film : 2 h 39 min.


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Nombre de visites :
15614


   

Le Film : 9.5/10

Résumé : Dans une gare, trois cow-boys attendent Harmonica, le passager d’un train qui arrive, pour l’éliminer. Plus tard, une famille de fermiers est sauvagement assassinée. Qui manigance ces crimes : Cheyenne, le hors-la-loi ? Quel rôle joue Frank, l’homme de main de Morton qui est chargé de la construction du chemin de fer à travers l’ouest des Etats-Unis ? Quant à Harmonica, personnage énigmatique, il n’explique pas les raisons de sa présence en ces lieux…

Avis : Ce film, le premier volet du triptyque « Il était une fois… », permet à Leone de revisiter le mythe de l’Ouest américain et de lui rendre une vérité altérée par les conventions du cinéma américain au nom d’un plus grand souci de réalisme (entre autres reproches qu’il adressait aux westerns classiques, Leone s’est toujours étonné qu’on ne montre pas, par exemple, la réalité de l’impact d’une balle qui faisait un trou énorme dans le corps de la victime et la projetait à plusieurs mètres en arrière ! Ou encore, qu’on atténue la violence extrême de cette époque qui voyait pourtant un tueur exhiber les oreilles coupées de ses ennemis pour imposer le respect !). C’est pourquoi, sans doute, certains reprochent à Leone une exagération des effets alors qu’il entend restituer, en fait, le sadisme de toute violence ou l’érotisme de tout amour et insiste, de façon très documentée, sur les habits, les armes à feu, les détails du train, etc.

Cette reconstitution qui se veut réaliste de l’Ouest débouche sur un film qui se développe à deux niveaux. Au premier plan, il s’agit d’une classique histoire de vengeance qui montre Harmonica (Charles Bronson) poursuivre l’assassin de son frère. Mais, au-delà de ce thème récurrent dans le Western, se dessine progressivement un second thème plus original, celui de la mutation des Etats-Unis saisie au cours d’une période charnière qui voit la fin du vieux Far West et le début de l’Amérique moderne. Le passage entre les deux époques est d’ailleurs parfaitement symbolisé par la construction du train qui relie non seulement deux espaces (Est et Ouest) mais aussi deux « temps » : celui des Pionniers du Far West qui s’efface peu à peu devant celui de la Civilisation moderne.

L’un des intérêts du scénario – écrit, entre autres, par Bertolucci et Argento – est d’en montrer les répercussions sur les personnages eux-mêmes qui n’ont d’autre choix que de disparaître ou de s’adapter. Trois d’entre eux ne s’intègrent pas et sont appelés à s’effacer. C’est d’abord Franck (Henry Fonda), hors-la-loi, chef de bande et rebelle à toute légalité, qui représente une époque révolue car, désormais, la Loi se généralise. C’est ensuite le bandit généreux, Cheyenne (Jason Robards), dont le romantisme n’a plus sa place dans une société devenue mercantile. C’est enfin Harmonica dont le mode de vie fondé sur le sens de la justice et le goût pour la solitude ne peut s’accommoder d’un monde de plus en plus organisé et collectif. On songe, à son propos, au beau mouvement de camera qui, par un travelling circulaire, donne à voir, en un plan de plus en plus général, le chantier du chemin de fer, puis les dizaines d’ouvriers au travail et le personnage de Harmonica qui s’y fond comme s’il disparaissait en tant qu’individu, comme s’il s’agissait de la fin de l’individu. En revanche, Jill, la prostituée interprétée par Claudia Cardinale, prête à tout pour survivre, est la seule à réussir ce passage entre l’ancien et le nouveau monde : la séquence finale, qui la montre donnant de l’eau aux ouvriers, signifie sans doute la fidélité à ses origines (elle choisit les ouvriers exploités et humiliés comme elle) en même temps que son adaptabilité (les ouvriers construisent l’ « avenir »). Le propos de Leone est transparent et se veut prophétique : à l’Amérique « virile » se substitue ainsi une Amérique fondée sur le matriarcat (ne pas oublier qu’à l’époque de la réalisation du film le « Women Liberation » connaissait son apogée aux Etats-Unis). Il faut remarquer que c’est dans un cercle final – sorte d’arène de la vie - que Leone réunit et enferme ses personnages essentiels et exprime le moment de vérité du film qui se conclut, de façon la plus classique, par le duel inhérent à tout western.
Les thèmes du film – c’est une constante chez Leone – sont par ailleurs magnifiés par une mise en scène savante et toujours spectaculaire illustrée d’un accompagnement musical expressif. On rappellera, pour le plaisir, la séquence initiale – devenue mythique - des trois tueurs qui attendent le train et Harmonica : gros plans et très gros plans sur des regards ou des détails inattendus (craquement des doigts, mouches emprisonnées dans le canon du colt, gouttes d’eau sur le chapeau, roue de l’éolienne qui grince) et exaspérants qui immobilisent le temps avant de le dilater et de faire sourdre l’accablement et l’ennui. Le film multiplie les savants cadrages et installe dans l’espace les personnages d’une façon souvent saisissante : fréquentes plongées ou contre plongées, caméra placée sous un angle insolite allongeant, par exemple, les silhouettes ou remplissant l’écran d’yeux présentés en très gros plans. Les combats sont filmés en deux temps comme autant de ballets: d’abord, une lente montée de l’attente qui accroît la tension avant que l’exaspération des nerfs n’explose dans les coups de feu. L’accompagnement musical – ô combien célèbre – de Morricone souligne et accentue les effets, de sorte que la théâtralisation de l’image et la musique très expressive font nécessairement penser à un grand opéra baroque : musique et image procèdent en effet l’une de l’autre, se nourrissent l’une de l’autre. Il suffit d’évoquer la terrible séquence des deux frères (l’aîné juché sur les épaules de son cadet jouant de l’harmonica) dont toute la force provient précisément de cette alliance intime entre ce qui est montré au travers d’une image saisissante (dévoilement progressif d’un tableau fixe inouï) et ce qui est entendu dans une partition musicale qui joue, de façon insupportable, sur les nerfs (lent crescendo lancinant de notes d’harmonica qui finit par éclater dans une envolée sonore lourdement appuyée par les cuivres).

En définitive, un film devenu culte qui insiste sur le passage entre deux époques et dont la tonalité de désenchantement se prolongera dans « Il était une fois la Révolution » qui annonce, par le double thème du duo et de la désillusion, ce qui sera le chef-d’œuvre de Leone : « Il était une fois en Amérique ». Les trois films, sans être des suites, sont toutefois à voir dans l’ordre chronologique.


L'Image : 3/3

Détails techniques : Format 16/9 compatible 4/3 – Ratio : 2.35:1

Avis : L’image a été entièrement remasterisée et le résultat est d’une très grande qualité : belles couleurs (du bleu des yeux de Henry Fonda et du ciel aux ocres des paysages en passant par la peau cuivrée des personnages et des noirs profonds), netteté et contrastes sont au rendez-vous. Vous pouvez oublier enfin vos cassettes.


Le Son : 3/3

Détails techniques : Dolby Digital 5.1 anglais, Dolby dual mono français, espagnol, allemand - Sous-titres : français, anglais, allemand, portugais, néerlandais, hébreu, hongrois...

Avis : Le son a été remixé en 5.1 pour la VO alors que les autres versions - dont la française – sont, par contre, en son mono. La musique de Morricone a été composée AVANT que le film ne soit commencé pour que tous les participants puissent s’en imprégner. C’est dire si le remixage en DD 5.1 met, d’abord, en valeur la musique et magnifie le film en donnant aux images une force encore plus saisissante. Mais l’atmosphère est également créée par un ensemble de sons ambiants que la piste sonore restitue dans toute leur richesse et leur diversité : cloche qui tinte, bourdonnement de mouche, gouttes d’eau qui s’écrasent, grincement de roue, sifflement de mélodies ou du vent, brouhaha des voix, etc. Cette bande-son contribue au réalisme auquel tenait tant Leone et que le DD 5.1 nous fait ainsi ressentir mieux encore que le mono.


L'Interactivité : 3/3

L'ergonomie des menus :
Pour le menu du DVD 1 (le film et 1h15 de Suppléments), l’écran est partagé longitudinalement en deux images (changeantes lorsqu’on passe à la sélection des scènes, aux commentaires, etc.) sonorisées par quelques notes de banjo et le grincement de la roue de l’éolienne, de sorte que l’on est tout de suite dans l’atmosphère du début du film. Le Menu joue ainsi parfaitement son rôle d’introduction. L’écran affiche une image fixe des quatre visages de Frank, de Harmonica, de Jill et de Cheyenne. Au-dessous, une image de la gare animée par la roue de l’éolienne qui tourne. Les deux images sont séparées par le titre, central, (qui glisse vers la droite et disparaît, dans un souffle de vent, au profit de l’option choisie lorsqu’on l’active). L’écran de l’accès aux scènes est fait de deux images changeantes qui se substituent l’une à l’autre avant que le détail de l’accès aux scènes ne s’immobilise. Le tout est sonorisé. Cinq séries de six scènes et une dernière série de trois scènes s’affichent alors. Chaque série est illustrée judicieusement d’une vignette représentant une image du film. L’écran des commentaires reprend la même disposition des deux images superposées séparées, cette fois, par le mot « Commentaires ». L’image inférieure est elle-même partagée : à gauche, s’inscrit le détail des commentaires ; à droite, l’option des différentes langues. Il est à noter que chaque écran affiche la possibilité du retour au menu principal, d’où une navigation très facile et agréable par sa variété et son esthétique très réussie. Pour le DVD 2 (une bonne heure de Suppléments), le Menu reprend le principe de l’écran partagé en deux images. Mais il est à noter que l’image supérieure offre non plus quatre visages mais cinq (celui de Morton s’ajoute aux précédents, puisqu’il est question de la construction des chemins de fer). L’image inférieure remplace l’image de la gare par celle ‘un train qui laisse échapper une fumée animée. La sonorisation musicale propose également un thème différent.


Les bonus :

L’édition est riche en informations sous-titrées qui se trouvent sur le DVD 1 (1h15) et sur le DVD 2 (environ 1h).

DVD 1 :

  • Commentaires Audio
    Assuré par le biographe de Leone, Cristopher Frayling, qui, constamment, traque les références dont Leone a jalonné son film. Par exemple, il évoque « La prisonnière du désert » (John Ford) à propos de la scène dans laquelle Jill découvre et fouille la maison de ce qui est devenu son ex-futur mari ; ou encore « Johnny Guitare » (Nicholas Ray). C’est évidemment passionnant pour les cinéphiles. Son commentaire est entrecoupé – et ainsi rendu plus vivant – d’interviews – assez brèves, toutefois – de réalisateurs illustres : John Milius, John Carpenter et Alex Cox, dont les remarques enrichissent la vision du film ou qui livrent des anecdotes inédites. Le professeur Shelton Hall s’attache de son côté à établir des liens entre le film et les Classiques du cinéma américain. Par exemple, à propos du personnage de Morton et le contraste entre son pouvoir et sa faiblesse physique, il évoque des parentés dans le cinéma américain. Les acteurs et les membres de l’équipe du tournage sont également conviés à donner leur avis.


  • DVD 2 :
    Il est entièrement consacré aux suppléments et propose une série de documentaires.
  • Trois documentaires intitulés « Un opéra de violence, Le salaire du péché, Quelque chose à faire avec la mort » réunit des interviews de Claudia Cardinale, Gabriele Ferzetti, Bertolucci, etc. illustrées de documents d’archives (pour Leone et Fonda)
  • Un second documentaire nommé « Le chemin de fer : la révolution de l’ouest » est proposé.
    Il permetde mieux appréhender l’importance accordé au chemin de fer dans le film ; et, bien sûr, son importance dans l’histoire du développement des Etats-Unis.
  • Deux diaporamas présentent les décors (avant et après) et l’équipe du film.
  • Sont enfin proposées les biographies des acteurs et la bande-originale.


  • [ Voir les Bonus Cachés pour ce DVD ]

    Les Visuels : 1/1



    La pochette / Le packaging

    Il s’agit d’une édition de deux DVD. La jaquette de l’étui reprend la célèbre affiche – si réussie - du film. Elle met en valeur le titre présenté en trois lignes sur près de la moitié de la surface supérieure, titre au-dessous duquel est reprise la scène initiale du film avec ses quatre silhouettes brun foncé stylisées figées dans leur mouvement et esquissant une sorte de ballet immobile sur un fond sépia délavé du plus bel effet. L’étui renferme un ensemble de quatre éléments, de couleur sépia aussi, qui se déplient une première fois sur deux photos du film : Henry Fonda à gauche et la construction du train à droite. Puis une nouvelle ouverture affiche, en quatre éléments cette fois, des photos du film : Jason Robards, partie gauche, et Charles Bronson, partie droite, qui encadrent, en la regardant, la scène d’attente du début du film représentée sur les deux éléments centraux. Deux citations du film particulièrement bien senties (Harmonica : « Vos amis ont un important taux de mortalité » / Frank : « Les hommes ont peur plus facilement lorsqu’ils vont mourir ») servent de légendes à deux éléments. Par ailleurs, est proposé, rangé sous la photo de Jason Robards, un livret de plusieurs pages abondamment illustré et fort intéressant sur le projet et le tournage du film. Mais ce n’est pas tout puisque - surprise du chef ! - est également offerte une enveloppe adressée au « Prof. Indiana Jones », en un très beau fac-similé brun ocre, qui, une fois ouverte, nous offre une affiche qui annonce au recto le 04 novembre 2003 comme la date de la future édition DVD, et présente au verso une carte du monde sur laquelle un tracé rouge nous renseigne sur les voyages du fameux héros dont l’éditeur révèle les quatre jaquettes des quatre DVD prévus. Très joli cadeau inattendu !

    [ Voir le Top Packaging pour ce DVD ]



    La sérigraphie

    Les sérigraphies des deux DVD sont fort belles et, assorties à l’ensemble, s’emboîtent sur le fond qui les porte, dans lequel, en reprenant les photos, elles se fondent parfaitement. Il faut toutefois mettre un bémol : quatre mentions (deux chiffres et deux textes), même minuscules, attirent le regard par leurs couleurs trop vives.


    Note Finale : (19.5/20)

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