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DVD A LA LOUPE


CANNIBAL HOLOCAUST - VERSION LONGUE NON CENSURéE - EDITION COLLECTOR / 2 DVD

Lui écrire Hotkiller

Cannibal Holocaust - Version longue non censurée - Edition collector / 2 DVD DVD sorti le 06/02/2004


Cliquez pour voir la jaquette en haute-définition

Editeur : Opening
Distributeur :
GCTHV (Gaumont/Columbia/Tristar Home Video)

Date de sortie en salle : 22 Avril 1981
Nombre d'entrées en salle : n.c.

Durée : 1 h 32 min.
Ce film est interdit au moins de 18 ans.

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Nombre de visites :
14908


   

Le Film : 10/10

Résumé : Harold Monroe, anthropologue, décide de partir à la recherche d'une expédition documentaire dirigée par Alan Yates dans la jungle amazonienne plus connue sous le nom d'Enfer Vert, et dont on est sans nouvelles. Sur place il retrouvera les corps de l'équipe de Yates ainsi qu'un certain nombre de bobines de films. Le visionnage de ces bobines révèlera l'atrocité de ce qui s'est véritablement passé...

Avis : Vulgaire, atroce, viscéral, dérangeant, outrageant, ... tous ces adjectifs pour désigner l'un des "pires" films jamais réalisés, un film quasiment interdit dans tous les pays dès sa sortie : Cannibal Holocaust.

L'Italie est un pays curieux : capable d'engendrer des réalisateurs tels Visconti, Fellini, Rosselini, De Sica, Scola... dont le cinéma est un exemple et une référence, elle est également capable de donner naissance à d'autres réalisateurs, plus "underground", trash, mais non moins talentueux : Bava Fulci, Argento, dont le cinéma est également une référence. Et puis à l'extrêmité de ces derniers, il y en a encore d'autres : Corbucci, D'Amato et.... Ruggero Deodato qui se trouve être le réalisateur "monstrueux" de ce Cannibal Holocaust. Comme beaucoup de ses aînés, Déodato s'est fait la main sur des films plus classiques (il a notamment travaillé avec Rossellini) et très vite il signe un assez bon polar : Live like a man and die like a cop. Mais il restera dans nos mémoires surtout pour son film "Le dernier monde cannibal" inspiré du fait divers de l'héritier Rockfeller qui disparu à la fin des années 60 en Papouasie Nouvelle Guinée, mangé tout cru par une authentique tribu cannibale.
3 ans plus tard, en 1980, Deodato s'attaque à ce qui restera LE FILM de sa vie : Cannibal Holocaust. Cannibal Holocaust n'est pas à proprement parler un film d'horreur façon Evil Dead ou autre, et encore moins un "giallo" italien comparable à ceux de Bava. Non, Cannibal Holocaust fait partie de ces films qui à tort ou à raison décrivent une telle violence et une telle cruauté, que finalement la frontière entre l'imagination et le réalité n'a jamais été aussi ténue. De ces films qui au fur et à mesure du visionnage font évoluer l'opinion du spectateur passant du "Mais comment ils ont pu faire ça...?" jusqu'au "P.... c'est pas vrai ! Ils l'ont fait !".

Le film de Deodato est construit en deux parties. La première nous montre le professeur Monroe partant à la recherche de l'équipe précédente d'explorateurs. En chemin il sera témoin de la férocité des populations locales (scène de femme adultère notamment) tandis qu'il investit les contrées reculées de l'Amazonie (le film fut tourné en Colombie). Cette première partie du film est assez intéressante puisqu'elle nous montre l'itinéraire d'un homme dont les repères sont tout bonnement faussés : rencontre de 2 civilisations, 2 modes de vies opposés où l'Homme occidental n'a plus sa place. Monroe le comprend très bien au point que les atrocités et les rites "monstrueux" qui l'entourent ne le choquent plus comme s'ils étaient des éléments indissociables de cet enfert vert au même titre que la végétation, l'humidité et la sueur. Jusqu'au moment où Monroe finira par trouver non pas l'expédition précédente, mais ce qu'il en reste. Après un premier contact dificile avec les tribus locales, il va petit à petit établir une relation de confiance au point que le spectateur se demande ce qui a vraiment pu arriver à la première expédition car au final, ces tribus, malgré leurs rites "barbares" semblent ouvertes à la connaissance d'autrui. En échange d'un dictaphone, Monroe va obtenir les bobines de films de la première expédition. C'est ici que commence la seconde partie du film et la légende de Cannibal Holocaust.

De retour aux Etats-Unis, Monroe est pressé par les medias pour présenter le film retrouvé. Néanmoins, soucieux de faire un montage astucieux du premier documentaire et de ses propres images, Monroe va se livrer à une prévisualisation du film avec quelques responsables télévisuels. L'horreur et les atrocités qu'ils vont découvrir les conduiront à abandonner le projet. Cette seconde partie du film est constituée quasiment exclusivement d'images tournées caméra-épaule dans la pure tradition du documentaire. Dans cette seconde partie, astucieusement le film utilise donc le principe du documentaire dans le film, déjà utilisé en 1974 dans le film Punishment Park et repris notamment dans le plus récent Blair Witch Project. A l'époque du film en salles il faut bien dire que les rumeurs les plus folles circulaient : oui ce documentaire est réel, oui c'est une sorte de snuff-movie malsain réalisé sans trucages. Toutes ces rumeurs et légendes ont bien évidemment contribué à l'"aura" planétaire du film, Deodato ayant même été obligé de prouver que certains de ses acteurs étaient vivants tandis que les associations de la protection animale se déchaînaient contre lui. De surcroît Deodato avoua par la suite avoir délibérément vieilli et abîmé les pellicules concernant les images du documentaire afin de le rendre encore plus crédible. Aujourd'hui on sait que toutes les scènes de violence à l'encontre des humains ont fait l'objet de trucages et de maquillages particulièrement convaincants (scène d'une femme empallée absolument hallucinante de "vérité"). On peut donc véritablement parler de "merveille" concernant le travail d'Aldo Gasparri compte tenu du réalisme des scènes de cruauté humaines au point que le spectateur pourrait en avoir la nausée. Par contre, il est à noter que les scènes avec des animaux n'ont pas été truquées et sont effectivement accomplies en "live" devant la caméra de Deodato. A méditer quand même avant le visionnage du film car ces scènes sont vraiment difficiles (notamment la scène de la tortue). On comprend néanmoins la méthode de Deodato, à savoir que si les scènes avec les animaux sont réelles, le doute sera alors semé dans l'esprit de son spectateur qui ne pourra s'empêcher de se poser la question pour les massacres humains.

Par la suite, au fur et à mesure du visionnage de la cassette par Monroe et donc par le spectateur lui-même, nous apprenons que cette première équipe n'était pas du tout motivée par un désir de reportage documentaire mais plutôt par la mise en scène d'un film trash utilisant les indiens cannibales comme décor. Leur cruauté, leur perversion va s'exercer à l'encontre de peuplades craintives de l'homme blanc. Citons par exemple une scène où les explorateurs mettent le feu à une hutte d'indiens, brulant vifs plusieurs d'entre eux ; jusqu'à ce qui déclenchera la colère et la vengeance des tribus : le viol collectif d'une jeune indienne. Deodato décale ainsi son film et sa propagande à savoir que bien au-delà du cannibalisme, il est des comportements humains qui sont pires comme si le fait d'être cannibale pour un "sauvage" serait dans l'ordre naturel des choses alors que les comportements cruels du fait d'hommes civilisés sont par essence même intolérables. Le reste de la cassette nous montrera le massacre de l'équipe par une tribu avec de nombreuses scènes choquantes non seulement par ce qu'elles montrent (décapitation, éventrations, viols...) mais surtout par le réalisme des images.

Du point de vue des acteurs, leur jeu est assez moyen si ce n'est Robert Kerman (pseudo de Robert Bolla dont le nombre de pornos italiens tournés à la va-vite est incalculable) dans le rôle du professeur Monroe. Le scénario de Gianfranco Clerici est finalement plus étoffé que ce à quoi on pourrait s'attendre pour ce genre de film, aidé surtout par la composition musicale singulière de Riz Ortolani, à la fois grave et "désuette" et très souvent employée à contre-emploi (musique douce sur fond d'images atroces par exemple).

Ruggero Deodato a incontestablement réalisé avec Cannibal Holocaust un film cultissime. Ses images sont choquantes, écoeurantes mais elles démultiplient l'impact des questions posées par le film : qui sont les barbares ? Les indiens, les expéditeurs, Deodato lui-même qui utilise ce message à des fins commerciales, le spectateur qui avide de sensationnel va voir le film ? Pas facile de répondre et d'avoir une opinion tranchée et intangible.
Enfin, il faut quand même prévenir les peut-être futurs acheteurs de ce DVD qu'ils auront en leur possession un film unique (je crois qu'il est toujours interdit en Z1 et qu'il existe une version allzone en import UK), particulier et selon la formule consacrée, "à ne pas mettre entre toutes les mains". Vraiment pas le genre de film à laisser traîner à la portée des enfants. Car même s'il fut adoré ou détesté, le film ne mérite pas un coup d'oeil à la va-vite. C'est un film rempli d'images cruelles qui font qu'après le visionnage vous ne pourrez plus jamais l'oublier. Les fans de gore exclusif peuvent passer leur chemin car Cannibal Holocaust est aux antipodes de l'archetype du film gore. Il s'agit plutôt d'un film puissant, viscéral, qui vous retourne et vous perturbe et qui vous affecte intimement. C'est la raison pour laquelle je lui mets une note maximale. D'un autre côté y'a aussi la solution de prendre tout cela au troisième degré et de se dire comme l'illustre un vieux proverbe cannibale : "Mieux vaut être au chaud dans le corps de ton ennemi qu'enterré sous la terre froide" !! A vous de voir...


L'Image : 3/3

Détails techniques : Format : 16/9 - Ratio : 1.85:1

Avis : Le film présenté sur ce DVD a bénéficié d'une complète restauration. L'image est très détaillée et claire. La copie est débarassée de toute poussière ou éraflures (sauf celles rajoutées volontairement par Deodato sur le documentaire des explorateurs). C'est véritablement surprenant pour un film de cette époque qui plus est, un film de troisième zone. Les couleurs sont harmonieuses et typiques de ces films des années 70, bref le résultat est très agréable à voir si je puis m'exprimer ainsi !


Le Son : 2/3

Détails techniques : Dolby Digital 5.1 en italien - Dolby Digital 2.0 en français et en anglais - Sous titres : français

Avis : J'avoue ne vraiment pas comprendre un remixage 5.1 sur ce genre de film. D'une part parce que l'oeuvre originale était en mono, d'autre part parce que Cannibal Holocaust a principalement été tourné en langue anglaise (il est plus facile de vendre et exporter un film en anglais plutôt qu'en italien, ce qu'ont fait des réalisateurs comme Bava, Fulci ou autre) et donc si une langue aurait du être remixée, c'eut été normalement la langue anglaise. Bon, bref passons. Qu'en-est-il au niveau de la qualité : le DD 2.0 anglais et français sont assez proches (pour les 2 il s'agit d'un dual mono). Comme toujours avec le mono, ce qui compte c'est le bon découpage des dialogues par rapport au reste sonore. Pas de soucis, les dialogues sont tranchés et précis. Pour le remixage 5.1 on constate que la bande son est moins élevée du point de vue du volume et surtout beaucoup plus sourde que les autres langues. Peu ou pas d'effet surrounds et un caisson peu sollicité. Bref, un remixage inutile.


L'Interactivité : 2.5/3

L'ergonomie des menus :
1ère bonne surprise, les menus de choix sont au format 16/9. Lente introduction avec un zoom arrière du titre du film inscrit en lettres de sang et un fond sonore fait de dialogues, de cris, de bruits guturaux et d'incantations tribales. Original, mais logique en fin de compte, quel que soit le menu, les choix se valident à l'aide d'un curseur en forme de tâche sanguinolente. Le chapitrage est animé avec des vignettes de taille correcte et un fond sonore composé de dialogues. Pour le disque 2 qui contient les bonus, l'interface est équivalente, les choix de bonus se faisant sur un menu unique.


Les bonus :

  • Documentaire sur Cannibal Holocaust (1h00) : plusieurs intervenants du film (Deodato, directeur photo, acteurs...) reviennent sur les conditions de tournage, les problèmes du film à sa sortie... très intéressant.
  • Interview de Julien Sévéon : collaborateur à Mad Movies, il explique le phénomène Cannibal Holocaust pendant une dizaine de minutes (passionnant également).
  • Scènes censurées : il s'agit des scènes qui furent censurées à l'époque en France. Ces scènes ont bien sur été réintégrées dans le film présenté dans cette édition.
  • Galeries de photos : plus de 40 photos de tournage qui sont à l'image du film : très chocs également.
  • Bandes annonces : 2 BA du film (une en 16/9, l'autre en 4/3 qui sont radicalement opposées, la seconde étant un condensé du générique du film avec des scènes aériennes de la forêt amazonienne.
  • Conférence de presse de Ruggero Deodato : pas véritablement nécessaire mais c'est toujours agréable de voir un réalisateur parler de son oeuvre.
  • Filmographie : la filmographie du réalisateur en texte fixe sur plusieurs écrans.


  • Cette édition collector de Cannibal Holocaust est donc dans l'ensemble à la hauteur de l'évènement : image restaurée, interviews intéressantes, il y a vraiment tout ce qu'il faut pour découvrir une oeuvre unique en son genre et dont le visionnage ne laisse personne indifférent.


    Les Visuels : 1/1



    La pochette / Le packaging

    Le digipack 2 volets inséré dans un fourreau de cette édition présente une très belle qualité de fabrication avec des couleurs rouge sombre sur papier glacé. Sous les galettes on découvre des images rouges et noires du film reprenant certaines des scènes les plus difficiles. Le tout, avec les sérigraphies s'intègre parfaitement. On notera également les visages des indiens très contrastés sur le fourreau. Bien que ce type de boitier soit fragile dans le temps, l'ensemble fait "qualité". On regrettera cependant la chose suivante : pas de livret de présentation du film mais le chapitrage est quand même inscrit sur le digipack et les informations techniques sur le fourreau.

    [ Voir le Top Packaging pour ce DVD ]



    La sérigraphie

    Les sérigraphies des 2 disques sont quasiment identiques. Seules les distinguent en petites lettres noires les mentions "Le film", "Les Bonus" sur chacune des galettes. On notera l'effet radical avec l'empreinte d'une main ensanglantée sur la sérigraphie. L'idée d'une sérigraphie en forme de bobine est astucieuse et colle parfaitement avec le format d'un DVD. Très belle définition, et les couleurs sont dans le ton. Beau travail.

    [ Voir le Top Sérigraphie pour ce DVD ]


    Note Finale : (18.5/20)

    Commentaires concernant cette critique

    - le 15/12/2006 à 11:08 par shams92 : Tout à fait d'accord avec toi, c'est un chef d'oeuvre!!! Trés bonne critique.
    - le 07/12/2006 à 11:59 par JBOX : une merde sans nom ! un bon 0,5/10 oui !
    - le 18/10/2006 à 23:15 par og1605 : Très bonne critique d'ensemble du film. Je serai moins dithyrambique sur la qualitée du film, dont le sujet peut paraitre limite, il n'en reste pas moins essentiel que de tel film existe.
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