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DVD A LA LOUPE


MR KLEIN - CONTEMPORAIN STUDIO

Lui écrire Hotkiller

Mr Klein - Contemporain Studio DVD sorti le 04/03/2003


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Editeur : StudioCanal
Distributeur :
Universal StudioCanal Vidéo

Date de sortie en salle : 27 octobre 1976
Nombre d'entrées : 711 000 env.

Durée du film : 2 h 03 min.
Acteurs: Alain Delon Gérard Jugnot

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Nombre de visites :
2825166


   

Le Film : 10/10

Résumé : En 1942, à Paris, un homme, Robert Klein, voit son existence confortable perturbée par un homonyme juif recherché par la Police.

Avis : Quand en 1975 Alain Delon va chercher Joseph Losey pour lui proposer le scénario de Monsieur Klein, il ne sait pas encore qu'il est sur le point d'accomplir l'une de ses plus grandes performances d'acteur au même titre que le Samouraï de Melville.
Ce film est véritablement un très grand film avec une nature éminemment duale : duale parce d'une part le spectateur est pris au jeu des tourments de ce personnage en quête de son usurpation d'identité. Et d'autre part parce que l'action de Losey se déroule pendant l'une des périodes sombre de l'histoire de France, le début de la collaboration organisée avec l'envahisseur allemand, dont l'un des point d'orgue sera l'atroce rafle du vel' d'hiv.

Et l'oeil du réalisateur est particulièrement acéré pour dépeindre une époque qui se partageait entre ceux qui souffraient moralement et dans leurs chairs et ceux qui n'avaient pas conscience des maux de leurs contemporains. Monsieur Klein fait partie de ce groupe de gens pour qui l'occupation allemande n'est pas plus difficile à vivre qu'autre chose leur permettant d'afficher sans en avoir conscience une indifférence déplacée au regard de l'époque dans laquelle ils vivent. Ainsi l'activité principale de Monsieur Klein est-elle le commerce de tableaux : de nombreuses familles juives, pressées de partir lui cèdent à bon prix des objets de famille lui assurant ainsi une vie confortable. Mais un simple journal (Informations juives) abandonné devant le pas de sa porte sera pour lui le début d'une remise en question totale de sa façon de percevoir les choses et de vivre son époque. Car Monsieur Klein c'est l'histoire d'un homme qui a prétentieusement l'impression de diriger sa vie mais qui va de manière irrépressible subir le poids des évènements et de l'Histoire. Du point de vue du scénario le film est particulièrement bien réalisé : Joseph Losey distille au fur et à mesure les indices qui vont permettre au personnage de Delon de mieux comprendre les faits qu'il subit inspirant du même coup un intérêt au spectateur qui "mène" l'enquête en même temps que le personnage principal. Mais la quête de l'identité de Monsieur Klein n'a rien de policier. Au contraire, elle relève plus d'une logique Kafkaïenne où le personnage, au lieu de progresser dans sa recherche ne fait que multiplier les énigmes, les problèmes, les difficultés qui vont le mettre dans une situation impossible au regard de la vie à Paris en 1942. Car Monsieur Klein c'est aussi un moyen pour le réalisateur de montrer un personnage qui va subir le poids d'une bureaucratie inflexible (il y a notamment un scène rapide qui fait très "Brazil" ou des fonctionnaires devant des rayonnages remplis de dossiers tamponnent des papiers ou des courriers), qui lui fera perdre ses références et remettra en doute ses plus profondes convictions.

Une question reste alors en suspens : peut-on qualifier Monsieur Klein de film historique ? La réponse est absolument affirmative. Parce qu'en marge de l'histoire, il ya l'Histoire. Monsieur Klein est un film historiquement français dans sa façon de dépeindre la vie française de cette époque : de la première scène où un médecin (ou comme dirait Monsieur Klein, un vétérinaire) prend les mesures d'une femme pour décider si elle est juive ou non à la dernière scène du film où les trains partent pour les camps de la mort, la caméra de Losey ne cesse de mettre en valeur les travers d'une époque où les principaux responsables sont des français. A aucun moment du film on ne voit un soldat allemand (sauf la dernière scène) : ainsi le réalisateur donne-t-il plus de profondeur à son récit parce que la menace qui pèse sur tous les Français de cette époque n'est pas étrangère. La menace, ce sont les français eux-mêmes et plus que les français c'est la façon dont se régissent les rapports entre groupes sociaux. Par ce qu'à cette époque, pour les gens aisés, l'amitié était tributaire du fait de ne pas être inquiété par la Préfecture de Police. Quand au fur et à mesure les indices s'accumulent contre Monsieur Klein et que celui-ci éprouve les plus grandes difficultés à prouver son origine française, ses amis, sa maîtresse vont l'abandonner, guidés par la peur de l'appareil policier et reppressif. Le message de Losey est donc très clair : le racisme n'est pas quelque chose d'inné en l'homme, il est quelque chose qui s'apprend et qui dépend éminemment du contexte socio-politique d'une époque. Il est aussi quelque chose qui trouve ses fondements dans l'ignorance et pire encore dans la volonté de ne pas voir. Ainsi, alors qu'il est "raflé", le personnage de Delon se voit interpellé par une femme lui demandant où ils vont être emmenés. La réponse de Monsieur Klein est simple et odieuse à la fois : "Je ne sais pas, je ne VEUX pas le savoir, je n'ai rien à voir dans tout ça !". Voilà peut-être ce qui fait l'une des pages les moins glorieuse de la France : le reflexe petit bourgeois consistant à préserver ses intérêts sans se soucier du monde qui nous entoure.
La fin du film est l'occasion pour le réalisateur de nous donner une autre leçon : Robert Klein, "parqué" au Vel' d'hiv revoit son ami Pierre qui dispose des papiers prouvant sa non appartenance à la communauté juive. Mais il est trop tard pour Robert Klein. Sa curiosité l'a mené trop loin ; il a encore besoin de vivre les évènements qui l'entourent et surtout de comprendre car il ne peut admettre une telle logique obscure et implacable. Ainsi au moment de partir, Robert Klein lance-t-il à son ami un "Je reviens" pathétique car le spectateur connait lui l'issue de cet évènement. Robert Klein l'ignore ou l'occulte car ce serait la négation de sa façon de percevoir les choses....bouleversant.

Le film de Losey ne serait rien sans le talent des acteurs : nous avons droit à du grand Delon, sobre et sincère et les seconds rôles sont tout aussi talentueux : Michael Lonsdale, Jeanne Moreau, Suzanne Flon, etc... un grand casting pour un grand film. Il serait injuste aussi de ne pas parler de la magie des décors dont le détail est époustouflant : M. Alexandre Trauner est un véritable magicien car c'est aussi lui qui donne le ton du film avec ces décors grisâtres, parfois sales qui renforcent l'anonymat et la noirceur des évènements décrits dans Monsieur Klein.
Le film sortira sur les écrans en 1976. Il n'aura malheureusement pas le succès escompté (un peu plus de 700.000 entrées), mais il était difficile de lutter à l'époque contre le requin de Spielberg qui semait la terreur dans nos salles. Par ailleurs, la complexité du récit ou peut-être également l'affiche représentant Delon sur fond d'étoile juive peuvent expliquer cet échec, la France n'ayant à l'époque pas encore envie d'entendre parler d'un sombre passé encore gravé dans les mémoires. Présenté à Cannes, il reçut un bon accueil de la part des critiques, mais malheureusement c'était l'année de Scorcese et de son "chauffeur de taxi". Qu'importe, Monsieur Klein est à inscrire au panthéon des grands classiques : la brillance de l'interprétation, de la mise en scène et du scénrio font de ce film un DVD à posséder absolument.


L'Image : 2.5/3

Détails techniques : Format Vidéo : 16/9 - Ratio : 1.66:1

Avis : Quelle belle restauration proposée par Studio Canal. La froideur de l'image de Losey, la faible saturation des couleurs, l'éclairage soigné, tout est parfaitement retranscrit sur le DVD. Le master a été très bien dépoussiéré et l'image est très propre. Pour la compression c'est assez correcte sauf légèrement sur une scène (première scène avec Suzanne Flon) où la pixellisation est très légèrement voyante. Dans l'ensemble, c'est quand même du très bon travail.


Le Son : 2.5/3

Détails techniques : Dolby Digital 1.0 en français - Sous-titres : aucun

Avis : Studio Canal, fidèle à l'oeuvre originale propose un simple mono très clairement restauré. La sortie sur simplement l'enceinte frontale n'altère aucunement les dialogues qui restent très clairs et très précis. Néanmoins, le niveau d'enregistrement est faible, obligeant un peu à pousser le volume pour bien entendre. Mais ce n'est pas un inconvénient, puisqu'aucun souffle ne se fait entendre.


L'Interactivité : 1/3

L'ergonomie des menus :
Le sommaire du DVD est précédé des extraits des films de la collection "StudioContemporain". L'ergonomie est peu fouillée et peu agréable : pas de sonorisation, pas de transition, pas de vignettes animées dans le chapitrage. C'est dû au fait de l'aspect "collection" du film mais c'est néanmoins dommage que la présentation ne soit pas plus mise en valeur.


Les bonus :

Les bonus sont peu nombreux. On trouvera certes un documentaire sur le film d'une vingtaine de minutes agrémenté d'interviews d'époque (Losey, Delon) et de réactions à postériori d'autres personnes (le producteur, Michael Lonsdale et un 1er assistant réalisateur). Ce documentaire est intéressant mais trop court au regard de l'oeuvre qui nous est proposée. Le reste des bonus consiste en un diaporama historique de Joseph Losey et la bande annonce du film.

Quel dommage que Studio Canal n'essaie pas d'enrichir un peu plus ses éditions de la collection StudioContemporain, tant sur le fond que sur la forme, car il y a un arrière goût "d'incomplet" en comparaison du film qui nous est proposé. Cela étant, la qualité générale du film tant sur le son que sur l'image rattrape un peu tout ça.


Les Visuels : 0.5/1



La pochette / Le packaging

Tous les films de la collection StudioContemporain adoptent des visuels conçus de manière identique. Personnellement je regrette que l'affiche du film ne soit pas reprise en recto de jacquette (ce n'est pas une question de droits puisqu'elle figure à l'intérieur du digipack). De même ces boîtiers cartonnés sont particulièrement fragiles dans le temps et obligent à prendre des précautions en les manipulant. Mais incontestablement, si vous en possédez plusieurs, l'aspect "collection" est là et a son effet.



La sérigraphie

La sérigraphie reprend l'illustration du recto de jacquette. C'est très sobre, limite triste mais on retiendra que les mentions légales sont discrêtes et que la définition générale est bonne.


Note Finale : (16.5/20)

Commentaires concernant cette critique

- le 03/03/2005 à 12:48 par DenCalif : Oui, c'est un film remarquable au ton si juste et que j'ai plaisir à revoir grâce à Studio Canal et sa collection Contemporain Studio. Une seule et légère déception: il m'apparaît plus pertinent de mentionner en introduction les noms des acteurs Michael Lonsdale, Jeanne Moreau et Suzanne Flon comme c'est le cas en fin d'article plutôt que celui de Gérard Jugnot dont le rôle est insignifiant. Losey est un extraordinaire réalisateur dont j'attends aussi avec impatience l'édition en DVD de "The Go-Between" (aka "Le Messager). Cordialement.

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