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DVD A LA LOUPE


FREAKS : LA MONSTRUEUSE PARADE - EDITION COLLECTOR / 2 DVD

Lui écrire Hotkiller

Freaks : La monstrueuse parade - Edition collector / 2 DVD DVD sorti le 15/06/2005


Cliquez pour voir la jaquette en haute-définition

Editeur : Warner Home Vidéo
Distributeur :
Warner Home Vidéo

Année de sortie en salle : 1932

Durée du film : 60 mn


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Nombre de visites :
3707


   

Le Film : 10/10

Résumé : Le cirque Tetrallini est un cirque spécialisé dans l'exposition de phénomènes de foire et d'êtres humains aux difformités physiques. Parmi eux, Hans, un liliputien, hérite d'une forte somme d'argent. La belle Cléopâtre, décide alors de s'attirer les faveurs de Hans, dans l'unique but de le supprimer après leur mariage avec la complicité d'Hercule son amant. Ayant la preuve de ses intentions, les "monstres" auront une vengeance implacable...

Avis : ATTENTION - ATTENTION..... En exlusivité mondiale, le Cirque Tetrallini est aujourd'hui sur vos écrans. VENEZ VOIR tous ces artistes, de Hercule, l'homme le plus fort du monde à Cléopâtre notre sublime trapéziste. VENEZ ADMIRER les prouesses sans trucages de notre avaleur de sabres et de nos nains aux multiples talents. Enfin, VENEZ TREMBLER devant ce que la nature peut nous offrir de plus effroyable : un homme sans jambes et plus fort encore, un homme sans bras ni jambes, des soeurs siamoises, une femme à barbe, des être difformes, venez assister au spectacle de cette Cour des Miracles des artistes de cirque, venez admirer le chef d'oeuvre incontestable et incontesté de Tod Browning : Freaks, la monstrueuse parade.

Freaks est effectivement un chef d'oeuvre, certainement l'un des plus poignants et des plus profonds de ce début du XXème siècle, alors que le cinéma commençait à peine à mettre du son sur les mouvements de comédiens devant une caméra. Mais Freaks, c'est aussi l'histoire d'un homme, Tod Browning, qui avait une passion pour le cirque (il fut lui-même contorsionniste à ses débuts) et pour tout ce qui de près ou de loin ressemblait a du spectacle mettant en valeur des prouesses humaines extraordinaires. Après des débuts prometteurs avec ce comédien multi-facettes qu'était Lon Chaney (surnommé l'homme aux mille visages), il signe donc en 1932, le film qui vraisemblablement restera comme l'oeuvre de sa vie, un film référence, un incontournable du cinéma fantastique.

Sous les dehors frustres d'un simple carnaval de monstres humains, le film de Browning est avant tout une belle et noble reflexion humaniste sur la condition de certains êtres humains (au même titre qu'Elephant Man par exemple), mais aussi et surtout il est une fresque remplie d'une poésie de tous les instants ; non la poésie qui célèbre la beauté plastique, mais plutôt une poésie hétéroclite, qui prend le visage d'un immense élan de tendresse autour de l'anormal. Car c'est bien là que le film acquiert tous ses titres de noblesse : jamais l'anormalité de la nature, jamais les difformités physiques n'ont été autant filmées et pourtant le réalisateur sait parfaitement éviter l'écueil du voyeurisme vulgaire, l'écueil du spectacle morbide consistant à se régaler de la souffrance physique d'autrui. Pour celà, la caméra de Browning sait se faire à la fois tendre et insolente : ainsi en est-il du premier plan où le spectateur découvre ces monstres dans une clairière bucolique : le contraste du "contenu" et du "contenant" insufle naturellement au spectateur une sympathie à l'égard de ces êtres difformes ou meurtris dans leurs chairs qui, tels des animaux apeurés, se réfugient derrière l'une des personnes "normales" du cirque. Grande tendresse donc, mais aussi parfois humour et insolence lorsque le réalisateur s'attache à décrire la vie de ces êtres : une vie faite de représentations foraines, où il n'y a pas de place pour le trucage, puisqu'ils sont eux-mêmes l'attraction, puisque leur particularisme physique est le gage du succès pour cette foire aux monstres. Ainsi Tod Browning nous montre-t-il plusieurs scènes à la fois hallucinantes et choquantes (choquantes parce le spectateur a déjà une énorme compassion pour ces artistes) : d'une femme sans bras capable de manger et de boire grâce à ses jambes, en passant par ces deux soeurs siamoises qui sont sur le point de se marier, ou cet homme au physique d'ange mais qui ne peut se déplacer que sur ses bras, dépourvu qu'il est de membres inférieurs ou ce véritable homme-tronc qui réussit sans l'aide de quiconque à s'allumer une cigarette...tout concourt à ce que le spectateur assiste médusé, non pas à une énorme performance de comédien mais véritablement à une performance d'être humain, à une leçon de vie de la part de ces personnes qui constamment se battent pour garder leur dignité, cette dignité passant forcément par l'absence de prise en pitié à leur égard de la part des êtres humains normalement constitués.

Mais Freaks n'est pas qu'un simple numéro de Barnum, une attraction pour personnes en mal de sensations fortes. Dans Freaks, il y a aussi une histoire et quelle histoire. Assez basique sur le fonds (une femme décide de se marier à un nain pour lui voler son héritage après l'avoir assassiné avec la complicité de son amant), le scénario atteint une dimension sans égal du fait de la présence de ces monstres. On dit souvent que la beauté n'existe que dans l'oeil de celui qui la regarde ; que la beauté est une appréciation toute personnelle. Tod Browning va plus loin et son message très naïf en soi (il n'est de véritable beauté que celle du coeur ou des sentiments) insiste sur le fait qu'il faut savoir dépasser le point de vue physique des choses pour savoir apprécier la pureté de l'âme. De façon ironique dans le film, les personnages les plus laids au regard de cette définition sont les personnes dites normales : leur beauté ou leur force est constamment mise en balance avec le machiavélisme de leur esprit et la noirceur de leur âme tourmentée. Et, à la manière du Dorian Gray d'Oscar Wilde ces monstres ne font que renvoyer l'image elle-même monstrueuse d'un esprit infirme et difforme envelopé dans une chair agréable à l'oeil. Savoir dépasser les préjugés, savoir aller au-delà de l'apparence physique (idée sublimée d'ailleurs par Cocteau quelques années plus tard), voici le grand message de ce film, voici la noblesse de son propos teinté de tolérance et de respect de l'autre.

Celà étant même si l'humanisme transpire de ce film, il n'empêche qu'il reste avant tout un film à ranger dans la catégorie des "films fantastiques". Car, outre leur gentillesse et cette façon parfois naïve de jeter un regard d'enfant triste sur le monde qui les entoure, ce qui caractérise essentiellement tous ces monstres c'est leur grande solidarité : insultez-en un et vous les insultez tous ; moquez-vous de l'un et vous vous moquez de tous les autres. L'infirmité a ceci de terrible est qu'elle crée une sorte de ciment entre ceux qui en souffrent comme si la mise en commun de la douleur et des blessures serait à l'origine d'une émulation terrible, une énergie où les talents de chacun se réunissent et se conjuguent pour créer une irrépressible dynamique de la vengeance. Le personnage de Cléopâtre en fera les frais réservant ainsi au film un final d'une extrême violence, avec une grandeur dans l'effroi que l'on peut peut-être retrouver dans certaines Histoires Extraordinaires et notamment Hop Frog d'Edgar Poe.

Quelques mots pour finir sur tous ces monstres humains : comme nous l'apprennent les bonus du film, la plupart d'entre eux ont connu une existence confortable non pas grâce à ce film mais grâce aux représentations foraines qu'ils faisaient régulièrement. Il eurent une durée de vie comparable à des personnes normales et leur existence fut, fort heureusement, loin d'être misérable. Il faut véritablement leur rendre hommage dans ce film car tous ont à coeur de bien jouer dans le film, à coeur de donner le meilleur d'eux-mêmes pour cette histoire qui finalement est le reflet de leur vie, de leurs errances et de leurs doutes. Certains d'entre eux continuèrent à faire du cinéma, notamment Angelo Rossito (qui joue le rôle du nain Angeleno dans le film) et qui tournera beaucoup plus tard dans Mad Max beyond Thunderdome (avec le rôle du Master sous-terrain qui gère l'énergie de Bartertown). Tod Browning rend donc un parfait hommage à ces créatures de l'"Entertainment" avec un regard plein de tendresse en évitant tout misérabilisme déplacé, se plaçant ainsi en totale adéquation avec les propos de l'acteur Johnny Eck (qui interprète le personnage du garçon au buste coupé et qui se déplace en prenant appui sur ses bras) : "Je ne déteste que la pitié. Je n'en ai pas pour moi et je ne veux pas en recevoir des autres. Lorsque j'étais enfant dans les faubourgs de Baltimore, je participais à tous les jeux de mes camarades, je grimpais aux arbres, je courais. Mes bras remplacent donc parfaitement les jambes que je n'ai pas." Une leçon d'humanité et d'humanisme....une leçon tout court.


L'Image : 2/3

Détails techniques : Format Vidéo : 4/3 - Ratio : 1.33:1

Avis : A la vision on s'aperçoit que la remasterisation aurait pu être plus pointue. Plusieurs scènes en effet laissent entrevoir des scories ou autres tâches. De même les contrastes ne sont pas très probants pour une image en N&B. Néanmoins, le plaisir du film n'est pas trop gâché et dans l'ensemble, malgré ces quelques imperfections le film est tout à fait regardable, plus de 70 ans après son tournage...!


Le Son : 1.5/3

Détails techniques : Dolby Digital 1.0 (simple mono) en anglais - Sous-titres : français, allemand, italien et autres

Avis : Le mono d'origine a été restauré quelque peu : le résultat est tout à fait correct avec des dialogues qui se distinguent clairement. C'est un peu moins le cas pour les bruits environnants (musique de cirque, bruits d'animation, etc...) ou la musique qui ont une légère tendance à saturer sur l'enceinte centrale. Là encore ce n'est pas un obstacle pour apprécier pleinement ce chef d'oeuvre.


L'Interactivité : 2.5/3

L'ergonomie des menus :
Le premier menu (format 16/9) est sonorisé par la musique du film et réutilise l'affiche originale comme décor. Les autres menus ne sont pas sonorisés et ne font pas l'objet d'une transition entre eux. Le chapitrage (vignettes fixes) est conséquent pour un film qui dure à peine plus d'une heure mais on regrettera qu'une seule et même vignette serve à préselectionner 2 chapitres. On aurait quand même préféré une interactivité un peu plus alerte pour une édition collector de ce film.


Les bonus :

Sur le DVD n°1 :

  • Avertissement : il s'agit de l'avertissement qui sert de prologue au film et qui fut voulu par Tod Browning pour expliquer son film aux spectateurs. On retiendra surtout la mention qu'il fait du code tacite qui unit les monstres entre eux ("Offensez-en un et tous seront offensés"). Cet avertissement est présent dans la version du film proposée sur le DVD.
  • Commentaires de David Skal : spécialiste de ce film cet américain se livre à un commentaire audio qui n'est malheureusement pas sous-titré. Que les non anglophiles se rassurent, même si les informations qu'il nous livre sont en tout point passionnantes, la plupart d'entre elles sont reprises dans le bonus suivant.
  • Freaks - Les coulisses/Documentaire : excellent documentaire de plus d'une heure sur le film : plusieurs intervenants du monde forain ainsi que David Skal nous parlent du film, des difficultés de production et de la façon dont le film fut perçu à sa sortie. Encore plus passionnants sont les mini reportages qui nous racontent le devenir de tous les monstres après le film : leur vie, leur carrière, etc...un documentaire passionné et passionnant.
  • Fin alternative : David Skal revient sur les deux fins qui auraient normalement dues être montées. On ne pourra que se féliciter du choix du montage qui a finalement prévalu, ce dernier ayant un côté beaucoup plus fort et beaucoup plus mélodramatique que ce qui était initialement prévu.


  • Sur le DVD n°2 :
  • cette seconde galette nous propose un film muet de Tod Browning datant de 1927 (un peu plus de 45 mn) avec Lon Chaney dans le rôle principal : l'action se passe déjà dans un cirque et voit les amours contrariées d'un artiste manchot avec la fille du régisseur du cirque. Ce film est lui aussi un vrai chef d'oeuvre dans le drame qu'il met en scène et même si le scénario est sans trop de surprise, on reste étonné qu'une telle histoire ait pu être contée à l'époque. Découvrez donc cet acteur muet fabuleux qu'était Lon Chaney (son jeu de comédiens à travers les expressions du visage est extraordinaire) tandis que vous pourrez découvrir une future star du cinéma absolument méconnaissable : la grande et formidable actrice Joan Crawford.


  • Au final on peut donc considérer que cette édition mérite assez bien son qualificatif de collector. Peu nombreux, les bonus sont d'une extrême qualité avec notamment le professionnalisme des personnes interviewées....Celà étant, on regrettera éternellement que Freaks ait été à l'origine amputé de plusieurs séquences avant sa sortie. Aujourd'hui, il ne dure plus que 60 minutes contre les 90 initiales et il est fortement probable que l'on ne pourra jamais voir ce film dans son intégralité d'origine.


    Les Visuels : 1/1



    La pochette / Le packaging

    Le DVD amaray est inséré dans un fourreau cartonné avec le titre du film en légère surimpression. Une fois le DVD retiré du fourreau, on constate la reprise de l'affiche originale (mais pas en pleine page comme l'édition Z1 du film) tandis que la transparence du boîtier laisse apparaître une scène du film au verso de la jaquette. On notera en 4ème de couverture une très belle photo tirée du film avec 2 des personnages principaux (Cléopâtre et le nain Hans)



    La sérigraphie

    Les sérigraphies des deux disques reprennent une partie de l'affiche (Cléopâtre sur le disque 1 et les monstres sur le disque 2). Elles sont assez sombres et présentent un joli rendu bleuté. Les logos sont relativement discrets ainsi que les mentions légales. Rien à redire, sans être exceptionnel, c'est dans la norme.


    Note Finale : (17/20)

    Commentaires concernant cette critique

    - le 07/06/2005 à 17:28 par Hotkiller : Merci à vous tous pour ces compliments. C'est toujours encourageant et agréable de voir qu'un point de vue peut être partagé par d'autres. ;o)
    - le 07/06/2005 à 16:54 par ninnin4 : Encore un bravo de plus Hotkiller...allez, j'inove : bravissimo!!!! J'avais le zone 1 qui traine sur une étagère depuis un certain temps sans que j'ai osé le voir, alors dés que j'ai 90mn, je me rue dessu et je te dis ce que j'en pense car là, t'as plus qu'éveillé ma curiosité.
    - le 07/06/2005 à 12:38 par Aérochouf : Merci pour cette formidable loupe, j'ignorais l'existence de ce film en DVD, grâce à toi c'est chose faite....Bravo pour cette rédaction digne d'un professionnel et je suis sérieux ;o)
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