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DVD A LA LOUPE


LA NUIT EST MON ROYAUME

Lui écrire Hotkiller

La nuit est mon royaume DVD sorti le 23/11/2004


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Editeur : René Chateau
Distributeur :
TF1 Vidéo

Date de sortie en salle : 1951
Durée du film : 1 h 43 min.

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Nombre de visites :
4147


   

Le Film : 6.5/10

Résumé : Un cheminot victime d'un accident du travail devient subitement aveugle. L'apprentissage de son handicap se révèlera lourd et difficile...

Avis : Réalisé en 1951 par Georges Lacombe, ce film est dans ses dix premières minutes assez representatif de son époque, c'est à dire une France en pleine période de reconstruction : le chemin de fer se développe, les airs de musette font danser le week-end tandis que les boules de billards roulent sur les tables des cafés. C'est dans ce décor joyeux et bon enfant que le film développe un drame à la fois humain et personnel, celui d'un cheminot qui, à la suite d'un jet de vapeur est subitement atteint de cécité.

Le scénario pourrait paraître à première vue cousu de fil blanc, mais si l'on y regarde d'un peu plus près, on observera une remarquable construction dans la narration dramatique : le premier ressort de cette narration repose sur la souffrance d'un homme qui bascule subitement dans le monde de la nuit : ses hésitations, ses doutes, son refus d'être pris en pitié mais aussi son mépris de son handicap sont assez bien exploités. Parce qu'il y a quelque chose de foncièrement injuste à être privé de l'un de nos cinq sens (et la vue est certainement le plus essentiel de tous), le scénario va mettre parfaitement en valeur la diminution physique et morale de cet homme. Pour autant, il y a comme une lumière au bout du tunnel : notre personnage, rassuré par son chirurgien, est persuadé qu'il reverra dans quelques mois, que sa situation est temporaire et que tôt ou tard il quittera ce monde de l'obscurité. Du point de vue construction du personnage c'est assez bien trouvé car finalement celà explique le comportement un peu léger et capricieux de ce cheminot qui devient rapidement irascible et égoïste puisque ne considérant son handicap que comme temporaire il ne voit pas l'utilité pour lui de se considérer comme un aveugle, un handicapé au point de refuser de se rendre dans un centre d'apprentissage pour non-voyants. Cette première partie du film est l'occasion également de parfaitement détailler les personnages secondaires : citons par exemple le rôle de La Mère, aimante et dévouée à son fils et plus encore le rôle du beau-frère du cheminot qui, par contraste au personnage principal se doit de n'être qu'un rond de cuir aux yeux duquel il n'a jamais travaillé réellement. Tout celà peut paraître un peu trop académique mais celà pose une vraie ligne narrative, en d'autres termes, le classicisme des personnages sert avant tout à raconter une bonne histoire et sans être original, celà reste très bien fait.

De la même façon est assez bien faite la transition vers la seconde partie du film : à la faveur d'une rencontre avec un non-voyant ayant la même passion que lui (les postes radio), notre cheminot va finalement accepter d'incorporer le centre pour aveugles. La peinture qui est faite de cet univers est remarquable de sensibilité sans jamais tomber dans la sensiblerie larmoyante : pas une scène, pas un plan qui fasse ressembler ces vrais aveugles du film à des personnes handicapées, à des personnes pessimistes ou s'apitoyant sur leur sort. Au contraire, le film les décrit comme des personnes joyeuses et optimistes avec bien évidemment en filigrane le message du regard avec le coeur, l'idée que par delà le handicap ces personnes voient et vivent les choses de façon plus intense que les voyants.
C'est alors que le spectateur est touché par le second ressort dramatique de l'histoire : notre cheminot est encore le seul à croire qu'il reverra un jour : par pitié, par peur ou par dépit nul n'a eu la franchise de lui avouer la permanence de sa cécité. Ce décalage entre ce que sait le spectateur et ce qu'ignore le personnage principal aurait pu donner au film un ton honteusement mélodramatique. Mais voilà, nous sommes dans un film français des années 50 et le piège du mélo pleurnichard est heureusement sauvé par l'Amour : notre cheminot se met en tête de flirter avec une jeune institutrice elle-même aveugle et bientôt fiancée au directeur du centre (qui lui n'est pas aveugle). Il est vrai qu'à nouveau le scénario ne va pas nous réserver de grande surprise, mais cette partie de l'histoire est assez bien traitée notamment dans cette querelle de rivaux, du voyant contre le non-voyant, révélant au final le parcours du personnage du cheminot qui finira par accepter sa condition contre la promesse dun amour possible et d'une vie à deux finalement peut-être plus heureuse que celle qu'il aurait pu connaître avant son accident.

Qui dit film français des années 50 dit à priori, qualité de l'écriture. Et la qualité est là : les dialogues de Charles Spaak sont remarquables de finesse et de précision. Il n'y a à mon sens pas une réplique qui pourrait être supprimée : chaque mot, chaque phrase colle à l'histoire servis qu'ils sont par la très grande qualité des comédiens : M. Gabin est tout à son aise dans ce rôle à la fois cabochard et desabusé. Il est à noter que du point de vue de sa carrière, la nuit est mon royaume est un film de transition : en 1945 quand Jean Gabin revint en France, la "gueule d'amour" du cinéma français avec ses cheveux blonds a laissé place à un homme aux cheveux blancs et des traits un peu vieillis. Résultat : peu ou pas de scénarios capables de tirer pleinement profit de son nouvel aspect physique et il se passera quelques années avant que sa carrière ne redémarre avec des rôles à sa mesure et notamment "Le Rouge est mis" au début des années 50. Celà étant, il ne faudrait pas privilégier Gabin au regard des seconds rôles du film avec notamment Gérard Oury (on oublie parfois qu'il fut longtemps comédien avent de nous réaliser ses chefs d'oeuvre de la comédie) qui interprète le rôle de ce directeur éconduit avec beaucoup de talent en donnant une vraie dimension dramatique à son personnage.

La nuit est mon royaume n'est peut-être pas un pur chef d'oeuvre du cinéma français : Georges Lacombe n'a pas forcément le talent d'un Duvivier ou d'un Clouzot, mais néanmoins son film est intéressant parce que simple : le discours est limpide, les dialogues ne sont pas surjoués et l'histoire, même si elle demeure classique dans sa progression véhicule des valeurs saines. C'est déjà pas si mal.


L'Image : 1/3

Détails techniques : Format vidéo : 4/3 - Ratio : 1.33:1

Avis : Ce film édité chez René Chateau, comme beaucoup d'autres d'ailleurs, n'a subi aucune transformation pour être digne de ce support qu'est le dvd. Bref, ce sont les mêmes masters qui ont servi pour les anciennes VHS et véritablement l'image est abîmée : drops, changement de lumières, rayures...nous avons droit à la totale. A l'inverse, à d'autres moments, l'image peut s'avérer très propre. Le tout reste cependant regardable mais c'est l'exemple parfait pour prendre pleinement conscience de la différence entre un master restauré d'un autre qui ne l'est pas (comparez avec Mélodie en sous-sol par ex.)


Le Son : 1/3

Détails techniques : Dolby Digital 2.0 (dual mono) en français - Aucun sous-titres

Avis : Le son a subi le même traitement que l'image et même si les dialogues sont parfaitement audibles, la bande musicale a une furieuse tendance à saturer dans les aïgus. Pas de souffle par contre en arrière-plan sonore.


L'Interactivité : 0/3

L'ergonomie des menus :
Ils sont peu nombreux les films de René Chateau qui soient dotés d'un véritable menu : celui-ci n'en fait pas partie. Donc après l'animation de la panthère qui fait le guignol sur son cercle jaune, le seul menu est constitué de l'affiche avec un unique choix : le lancement direct du film. Pas de chapitrage, pas de bonus, rien de rien. Par contre ce menu est sonorisé par la BO du film.


Les bonus :

Néant.

J'en profite pour pousser un énième coup de gueule contre cet éditeur qui se voudrait la mémoire du cinéma français : une mémoire, ça se respecte, ça se vit au quotidien et ça s'entretient. Pour des raisons purement commerciales et de mode, René Chateau n'a fait que plaquer ses sinistres masters sur du DVD, au mépris de toute considération des utilisateurs finaux que nous sommes. Le résultat est là aujourd'hui : cet éditeur est en train de couler lamentablement et gageons que TF1 ou un autre saura rendre hommage à ce riche patrimoine cinématographique en nous proposant un jour ou l'autre des versions à la hauteur de ce catalogue.


Les Visuels : 1/1



La pochette / Le packaging

Fidèle à la présentation René Chateau, le film est logé dans un boîtier amaray classique tandis que la jacquette reprend l'affiche originale du film. L'effet est toujours agréable à l'oeil et donne immédiatement un aspect "collection" si vous en possédez plusieurs.



La sérigraphie

Malgré tous les défauts de cet éditeur, reconnaissons-lui la qualité de ses sérigraphies : belle définition, reprise de l'affiche en intégralité, rond central imprimé et mentions légales discrètes. C'est du bon ouvrage.


Note Finale : (9.5/20)

Commentaires concernant cette critique

- le 14/03/2006 à 20:38 par psychonicolaspathe : Excellente loupe d'un film que je ne connaissais pas. Et comme ninnin4, je te suis sans hésiter dans ton coup de gueule contre cet éditeur. Néanmoins, certains de ses "rares" titres bénéficient d'un meilleur traitement, quand ils sont distribués par TF1 Video. Je possède 2 DVD de l'éditeur distribués par TF1 et franchement c'est du trés bon travail. Master restauré, donc trés belle image, son restauré, menus animés, film chapitré et quelques bonus. Dommage qu'ils soient si rares ces titres là chez René Chateau.
- le 14/03/2006 à 19:06 par ninnin4 : Bravo encore une fois pour ta loupe.....une énième fois excellente et je tenez à te soutenir dans ton coup de gueule contre René Chateau. Je vous engage par ailleurs à vous fournir directement aux USA pour certains titres qui y sont publiés (Le Samouraï par ex) chez la maison d'édition CRITERION qui, un peu à l'instar de MK2 ou de WildSide chez nous, se voit dans le DVD une manière de faire partager à tous un patrimoine de premier importance en lui apportant une politique éditoriale qualitative que se soit sur le plan technique (sans jamais à chercher à faire des bidouillages 5.1) et du contenu informatif, toujours intéressant, jamais barbant

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