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DVD A LA LOUPE


GéNéRATION PROTEUS - EDITION BELGE

Lui écrire Hotkiller

Génération Proteus - Edition belge DVD sorti le 11/01/2006


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Editeur : Warner Home Vidéo
Distributeur :
Warner Home Vidéo

Année de sortie en salle : 1977
Durée : 1 h 30 min.

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Nombre de visites :
2742


   

Le Film : 6.5/10

Résumé : Proteus IV est l'ultime ordinateur conçu par l'être humain : mi-organique, mi-métallique, son immense puissance de calcul lui permet aussi bien de guerir la leucémie en 4 jours que de se forger un raisonnement pour lui-même. Et si un jour Proteus IV voulait assurer sa descendance ? Hélas ce jour est arrivé et la femme de son créateur va en faire les frais...

Avis : Ah le fabuleux mythe de la machine qui se révolte contre son créateur... un thème maintes et maintes fois porté sur grand écran : de 2001 à Terminator en passant par Mondwest, ils sont nombreux les films dont le scénario reposait sur le comportement d'un ordinateur, d'une créature artificielle ou d'une machine, qui se rebelle et remet en cause ceux qui lui ont donné vie (le premier qui fait allusion à Maximum Overdrive prend une tarte !).

Dans les années 70, les films de SF étaient assez réguliers sur les écrans et bénéficiaient d'un large public. Et la thématique évoquée précédemment y a connu ses plus belles heures : c'était en effet l'époque des super-ordinateurs, des super-calculateurs, l'époque où dans l'inconscient collectif, un ordinateur ressemblait à une énorme machine avec deux bandes magnétiques tournant de façon saccadée derrière un homme en blouse blanche. Bref, l'informatique était un domaine scientifique qui n'était pas prêt de se démocratiser et qui par définition pouvait servir les meilleurs scénaristes. C'est dans ce contexte que débarque en 1977 ce Generation Proteus (titre abominable au regard du titre original : the demon seed - la semence du démon) adapté d'une nouvelle de Dean Koontz de 1973.

Si l'on regarde aujourd'hui, près de 30 ans après, ce qui frappe vraiment dans ce film c'est l'incroyable modernité de son discours. En d'autres termes, c'était de la SF en 1977, mais de nos jours, c'est presque devenu du quotidien : le concept d'un ordinateur qui pense et qui développe sa propre méhode de raisonnement s'est bien concrétisé avec le Deep Blue d'IBM qui fut capable de battre un champion du monde d'échecs; l'intelligence artificielle s'est infiltrée dans notre quotidien, la domotique a investi nos maisons, Internet est devenu un vaste torrent d'informations et tous les ordinateurs sont virtuellement connectables entre eux; bref il serait impensable aujourd'hui d'imaginer notre vie de tous les jours sans quelque chose qui de près ou de loin pourrait s'apparenter à de la technologie informatique. Dans cette optique le film de Donald Cammel est à la fois un film de science-fiction et un film d'horreur. De science-fiction d'abord parce que l'action se déroule dans un futur indéfini et met en place un professeur qui vient de créer un super-ordinateur capable d'acquérir des connaissances et de se forger son propre savoir, c'est à dire capable d'avoir une appréciation critique vis à vis de ce qu'il apprend. Cette première partie du film est bien faite en ce qu'elle fixe décors et personnages et surtout en ce qu'elle nous montre la lente mais implacable volonté de cet ordinateur. Par ailleurs le réalisateur tend à personnaliser au maximum cet appareil : les caméras qu'il contrôle sont ses yeux, sa voix est metallique mais humaine, son esprit est matérialisé par des écrans affichant des animations en couleur transformant une simple machine en personnage à part entière. De fait, à force de remettre en cause les décisions humaines qui lui sont parfois imposées, Proteus IV, à la façon du HAL 9000 de 2001, va tout simplement bugger : le seul problème c'est que le bug en question n'est rien de moins que la lente prise de conscience de la supériorité de son raisonnement et qu'à ce titre il n'a plus à être l'exécutant de décideurs humains.

Commence alors la seconde partie du film plus horrifique que SF : grâce aux multiples connexions d'ordinateurs, Proteus IV va pouvoir prendre le contrôle à distance de tous les appareils et systèmes informatiques de la maison de son créateur où habite son ex-femme. Cela peut paraître un peu surfait sur le papier mais il faut bien reconnaître que les soixantes minutes à venir sont assez angoissantes ne serait-ce que par la montée en puissance des dérèglements des machines (porte qui refuse de s'ouvrir, fauteuil roulant avec un bras articulé qui peut tirer un rayon laser...) jusqu'au point final où Proteus annoncera à cette femme les vrais motifs de sa prise de contrôle. On retiendra d'ailleurs tout particulièrement la scène où la femme demande à Proteus IV de détourner les caméras de la maison afin de pouvoir s'habiller et déjeuner tranquillement : dialogue surréaliste où un être humain avoue sa pudeur à une machine, prêtant ainsi à cette dernière un regard rempli de vice. Comme quoi une débauche d'effets spéciaux n'est pas toujours nécessaire pour créer un huis-clos à la fois dynamique et oppressant.

Mais alors, quelle est la finalité de tout celà ? A quel titre et dans quel but une machine s'amuserait-elle à enfermer une femme dans une maison ? C'est peut-être la partie la plus intéressante du film car en révélant que ce super-ordinateur désire avoir une descendance, on dépasse légèrement la SF pour entrer de plein pied dans une réflexion philosophique : en effet, une machine n'ayant pas, par essence même, une conscience, sa seule façon de se reproduire est de créer d'autres machines selon un processus mécanique et structuré. Dans la dernière partie du métrage, Proteus IV n'est plus une machine : il a en fait besoin d'une matrice pouvant accueillir sa semence fabriquée artificiellement : il ne s'agit plus d'un comportement mécanique mais purement animal, la survivance de l'espèce par la reproduction étant la justification de toute forme de vie. Et l'on se plaît à constater que l'identification personnage/spectateur qui avait parfaitement fonctionné dans les scènes précédentes où la femme était tourmentée, fonctionne également lorsque l'on comprend la volonté de Proteus IV et l'on ne peut retenir comme une sorte de compassion à l'égard d'une chose désormais vivante et qui ne veut, au fond, qu'assurer sa perennité. Ce n'était peut-être pas la volonté du réalisateur ou de Koontz au départ (puisque le titre du film fait référence à une incarnation démoniaque), mais ce que l'on retiendra c'est que cette machine agit de façon coercitive, guidée qu'elle est par des aspirations diablement humaines : la Créature ne se retourne pas contre son Créateur, elle agit simplement comme lui.

Generation Proteus n'est peut-être pas un film à inscrire au Panthéon des films de Science-Fiction. Il n'en a pas l'étoffe au niveau des moyens ni la qualité du point de vue de la stricte mise en scène (notamment dans la scène finale révélant "l'enfant" où l'on sent l'indéniable influence des poupées mécaniques de Barbarella alors que, je pense, le réalisateur voulait plutôt suggérer du "Rosemary's baby"). Mais néanmoins reconnaissons lui deux choses : d'abord il est très bien interprété : Julie Christie est très convaincante en femme terrorisée puis résignée au point que l'on en oublie les autres acteurs du film. Et puis, il ne faudrait pas oublier cette voix qu'est celle de Proteus IV, celle du comédien Robert Vaughn, dont l'intonation lancinante et la calme froideur participent entièrement à l'ambiance menacante du film. D'autre part, l'incontestable atout du film est d'aller dans une direction peu commune (le rapport charnel imposé par une machine n'est pas monnaie courante au cinéma) lui donnant un je ne sais quoi de "fallait oser" et une curieuse dimension "ovniesque" au regard de la production SF de l'époque (Saturn 3 et autres Logan's Run par ex.)


L'Image : 2/3

Détails techniques : Format vidéo : 16/9 - Ratio : 2.35:1

Avis : Le master nous propose un très beau télécinéma respectant ce grain typique des films de cette époque. La colorimétrie est uniforme et les contrastes, sans être trop profonds sont tout à fait corrects. Belle qualité du master qui ne présente quasiment aucune tâche ou drop.


Le Son : 1.5/3

Détails techniques : Dolby Digital 1.0 en français, anglais et italien - Sous-titres : français, anglais, italien, neerlandais, bulgare, arabe Pas grand chose à reprocher à ce simple mono qui sort assez bien sur l'enceinte avant. Les effets sonores sont assez bien rendus et se mixent harmonieusement avec les dialogues. Sans être franchement dynamique, la VO reste agréable à l'écoute (VF non écoutée dans le cadre de cette critique

Avis : Pas grand chose à reprocher à ce simple mono qui sort assez bien sur l'enceinte avant. Les effets sonores sont assez bien rendus et se mixent harmonieusement avec les dialogues. Sans être franchement dynamique, la VO reste agréable à l'écoute (VF non écoutée dans le cadre de cette


L'Interactivité : 0/3

L'ergonomie des menus :
L'animation du menu principal n'est pas folichonne : seule la musique rythme cet écran de choix. Pour le chapitrage, les vignettes sont fixes, non sonorisées et par ailleurs une seule et même vignette regroupe deux chapitres du film. Langages et sous-titres sont modifiables en cours de visionnage.


Les bonus :

Cette édition belge ne nous réserve aucun bonus hormis la BA du film au format 4/3 en VO non sous-titrée...


Les Visuels : 0/1



La pochette / Le packaging

Dommage que l'affiche originale avec le regard bleu de Julie Christie (il me semble de mémoire) n'ait pas été reprise sur le recto de jacquette. Le visuel choisi est assez décevant : en fait, on ne voit pas grand chose et la reprise du titre en français avec cette mention en anglais du titre original achèvent de ruiner un visuel déjà laid au départ.



La sérigraphie

La sérigraphie reprend l'image de la jacquette et présente une définition moyenne. les mentions légales sont très courtes, mais les nombreux logos, la mention de l'autorisation à la location gachent un peu le rendu général.


Note Finale : (10/20)

Commentaires concernant cette critique

- le 07/06/2010 à 00:36 par Frankeinstein : Je connaissais ce film depuis longtemps et j'attends toujours une édition française... qui ne vient pas ! Il est possible aujourd'hui d'acquérir aussi une édition zone 2 anglaise avec SFT et VO/VF ;-) Enfin, je ne comprends pas la note de 10/20 attribuée : c'est un excellent film de SF horrifique, qui a certes vieilli mais reste tout à fait intéressant et réussi. Ma note : 15/20
- le 20/03/2006 à 17:14 par angedoux : Juste un renseignement. Pourquoi le premier qui fait allusion à maximum overdrive prend une tarte lol? Ce film me fait étrangement pensé à un livre de Dean Koontz, la semence du démon écrit en 1973. Comme j'ai lu ce livre, je vais essayer de voir ce film lol.
- le 20/03/2006 à 09:06 par ninnin4 : Très bonne critique qui donne envie, malgré une note plutôt moyenne, de voir ce film dont j'ignorais jusqu'à le nom.
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